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Histoires d'un tour du monde

Mon voyage en solo

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Île de Pâques

Prise de conscience…

Lors de ma dernière journée sur l’Île de Pâques, j’ai pris conscience d’une chose : je n’irais peut-être pas jusqu’au bout de mon voyage. Je ne sais pas si ce sentiment était lié au fait que je m’apprêtais à partir et à perdre une nouvelle fois tous mes repères. Ou si c’est vraiment ce que je ressens.

Je dois avouer que, jusqu’à présent, quand je change de destination plus précisément quand je prends l’avion, pour changer de pays, j’ai ce coup de blues. Peut-être parce que mon esprit n’a pas encore intégré que je n’ai pas prévu de rentrer avant avril prochain. Ou peut-être parce que j’ai peur de l’inconnu. Ou, tout simplement, peut-être que je ne suis pas faite pour voyager seule. 

Le temps me le dira. Pour l’instant, je continue, au moins jusqu’en Nouvelle-Zélande.

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Le mystère de Rapa Nui

Si Rapa Nui attise la curiosité des voyageurs du monde entier c’est grâce à son aura mystérieuse. Cette île, l’une des plus isolée du Pacifique, a su garder une part d’ombre, savamment entretenue par les légendes qui entourent la création des Moaïs.

Si les historiens et archéologues tentent de percer les mystères de l’île, les habitants ne leur facilitent pas la tâche. Pour les Pascuans, les récits de la tradition orale font loi. Ils ne veulent pas en savoir plus. Pourquoi ? Bonne question. Peut-être parce qu’ils pensent que seul le mystère des Moaïs attirent les touristes ? Peut-être aussi qu’ils n’ont pas envie de voir la seule chose qui leur reste de leurs ancêtres disparaître avec l’apparition de théories scientifiques solides et étayées… 

Il faut dire que les Pascuans ont bien mérité qu’on les laisse tranquille ! Car, lorsque les Européens sont arrivés, au 18 et 19 ème, ils les ont décimés, déportés, parqués dans Hanga Roa… Ce n’est qu’en 1960 que les habitants de l’île ont obtenu la citoyenneté chilienne et le droit de demander un passeport. Alors, qui peut leur en vouloir de garder jalousement le secret de leurs origines ?

D’autant plus que, de plusieurs milliers, la population a été réduite à moins de 200 à cause des actions des colons. Et avec la disparition des anciens, c’est tout un pend de la tradition, des rites et de la culture pascuane qui s’en est allée. Il existe bien des textes, des pétrographes, mais leur déchiffrage n’est pas encore certain.

Quelques fouilles ont permis de faire de petites avancées mais trop peu pour étayer l’une ou l’autre des théories en vigeur. Mieux, elles ont, pour certaines, amené les chercheurs et archéologues à se poser davantage de questions. Le mystère Rapa Nui n’est pas prêt d’être résolu. Et c’est peut-être que c’est mieux comme ça !

Road trip sur Rapa Nui

Alors que mon avion ne décollait pas avant 0h40 le jour de mon départ de Rapa Nui, j’ai accepté d’accompagner ma voisine de bungalow, Myriam, qui m’a gentiment proposé de profiter du 4×4 qu’elle avait loué. Il faut dire qu’elle aussi prenait l’avion le soir, le même que moi, pour rentrer aux Marquises où elle est proviseur d’un collège.

Nous avons donc refais le tour des sites les plus importants et les plus beaux de l’île. Là, je peux dire que j’en ai vraiment profité. Pendant que Myriam prenait des photos, moi je l’attendais, assise devant les Moaïs. Plutôt que de les photographier, j’ai essayé de les graver dans ma mémoire, parce que je ne sais pas si je reviendrai un jour !

Nous avons fini la journée sur le site de Tahaï, pour dîner devant un splendide coucher de soleil. Tahaï est le premier site que j’ai visité le jour de mon arrivée et le dernier le jour de mon départ. La boucle était bouclée en quelque sorte !

La randonnée échec !

Pour mon avant-dernier jour sur l’île de Pâques, j’ai décidé d’y aller mollo. C’est dimanche, il n’y a pas d’excursion, et pas de dîner non plus à la pension.
Après un riche petit déjeuner, je décide de m’attarder pour rattraper mon retard sur le blog. Et finalement, je me bouge vers midi.

Ma voisine de bungalow m’a parlé d’une balade du côté du port. Là il y a des grottes, près de la mer, où l’on peut voir des pétroglyphes. Sans compter que la promenade le long de la côte est très agréable. J’avoue que moi, les pétroglyphes, je ne suis pas tout à fait réceptive. Je suis quand même descendue jusqu’à la grotte, lieu paraît-il de cérémonies au temps des Moaïs. Mais les écritures n’étaient pas vraiment visibles. Alors je suis remontée et j’ai poursuivi mon chemin au hasard. 

Le hasard justement m’a conduite devant l’entrée du sentier de randonnée Orongo qui mène jusqu’au volcan Rano Kau. En fait, la Conaf (société chilienne qui administre les parcs nationaux) a retracé le chemin rituel emprunté par les participants au rite de l’homme oiseau. J’ai  trouvé ça marrant et décidé de faire la randonnée. Elle montait jusqu’au cratère que j’avais déjà vu mais elle m’a donné l’occasion d’admirer l’île sous une autre facette.

Arrivée en haut, le sentier se prolongeait autour du cratère, jai donc décidé de continuer. D’autant plus que sur mon téléphone, l’application GPS offline, « maps on me », m’indiquait que tout au bout, il y avait un chemin pour redescendre. Ça n’avait pas l’air bien compliqué… grave ERREUR ! Je crois que je me souviendrai de cette randonnée toute ma vie !

Déjà parce que le sentier passait à flanc de rochers (vous me direz ce n’est pas bien étonnant, sur une île volcanique) à proximité du nid d’un rapace qui m’a pris en chasse jusqu’à ce que je m’éloigne suffisamment de ses petits ou de ses œufs, je ne sais pas trop. Je dois avouer que ce remake des « Oiseaux » m’a un peu refroidie. J’aurais rebroussé chemin si 1) je n’avais pas horreur de retourner sur mes pas. 2) je n’avais pas rencontré un couple d’italiens, originaire de la région de Turin, qui allaient dans la même direction que moi.

Nous avons fait un bout de route ensemble jusqu’au chemin amorçant le retour vers la route principale, à l’autre extrémité du cratère. Mais, et c’est la un point très important, mon appli/Gps, m’indiquait que j’avais dépassé le sentier de retour. Pour lui j’étais en pleine pampa. Bizarre car, le sentier sur lequel nous nous trouvions était plutôt bien marqué. Comme je marchais plus vite que le couple d’italiens, j’ai fini par les perdre. Et, arrivée devant un bosquet, le sentier n’était plus vraiment marqué.
Plutôt que de rebrousser chemin, j’ai essayé de rejoindre le sentier signalé sur mon téléphone. Mais si vous savez, j’étais la petite flèche bleue et en me déplaçant j’essayais de faire en sorte que la petite flèche bleue se retrouve sur la ligne marron, qui représentait le chemin ! Sauf que mon portable n’avait presque plus de batterie. Bah oui, c’est pas drôle sinon !

J’ai donc un peu paniqué d’autant plus que je ne voyais pas toujours où je mettais les pieds et que je me suis retrouvée  une nouvelle fois trop près du nid d’un rapace qui m’a une nouvelle fois pris en chasse… Je me suis donc mise à courir comme je pouvais, avant de m’apercevoir que j’étais entourée de vaches et que mon empressement les affolait… Je les ai depassées, moitié courant, moitié marchant, et suis arrivée devant un corps de ferme. Il semblait n’y avoir personne et, pour éviter de me faire attaquer par d’éventuels chiens (il n’aurait plus manqué que cela !), je me suis empressée de quitter les lieux en enjambant la cloture barbelée.

Et là, miracle, j’ai vu la route, la vraie, pas celle de mon téléphone non la vraie route, avec du béton et des voitures qui passaient dessus ! Mais, entre elle et moi, il y avait une nouvelle barrière de barbelés et surtout une mer d’herbes/plantes/arbustes, très touffus, très serrés, très hauts et aucun chemin pour couper à travers. Mon obstination et mes abdominaux (si si, je vous assure pour se frayer un chemin dans une végétation plus haute que vous, les abdos ça sert, même quand vous en avez pas !) m’ont quand même permis d’atteindre mon objectif. De là, j’ai pu rejoindre la pension en une petite heure, voire un peu plus, de marche. J’en étais quitte pour une petite frayeur, des griffures partout sur les jambes et une grande leçon : la prochaine fois je rebrousserai chemin !

Mont Tere Vaka, ma première randonnée solo! 

Après deux jours de visite guidée, me voici seule pour la première fois sur l’île de Pâques. Je décide donc de partir à l’assaut du mont Tere Vaka, le sommet le plus important de Rapa Nui… Ouh là, je vous vois venir, on se calme, il culmine à 511 mètres. Cependant, d’en haut la vue est imprenable sur l’ensemble de l’île !

Cette randonnée est également la première que j’ai faite en solo depuis le début de mon voyage. Et pour moi, c’est une grande victoire. Car j’ai toujours peur qu’il m’arrive quelque chose quand je pars seule. Plus qu’un accident (une chute ou une attaque d’un animal) ce sont les mauvaises rencontres qui m’effraient. Oui, je sais sur l’île de Pâques, a priori, cela peut sembler ridicule mais, honnêtement, qui est capable de se raisonner quand il a une phobie (ou dans mon cas un traumatisme) ?

Bref, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis lancée, consciente que la probabilité de faire une mauvaise rencontre restait quand même très faible ! D’autant plus que, pendant les trois premières heures, je n’ai pas été vraiment seule. Trois chiens errants avaient décidé de m’accompagner. Personnellement, je n’étais pas enchantée mais ils se contentaient de me suivre et ils semblaient contents alors je les ai laissés faire. 

J’ai regretté ma tolérance lorsque j’ai croisé mon premier troupeau de bovins… Figurez-vous que les chiens, quand ça voit des vaches et des taureaux (oui, oui, des taureaux) qui broutent tranquillement et qui ne demandent rien à personne, et ben ça court après et ça leur aboie dessus. Et vous savez quoi ? Ça fait pareil avec les chevaux qui broutent et qui ne demandent rien à personne non plus. Bref un chien des fois c’est vraiment stupide ! A cause d’eux, j’ai dû faire plus d’un detour pour éviter les animaux qu’ils rabattaient vers moi. Parce que bizarrement l’idée de me faire piétiner par un cheval ou charger par un taureau ne me plaisait pas particulièrement…

En chemin, j’ai également croisé deux cavaliers. Un touriste et son guide. Le guide m’a demandé (en espagnol, of course) « où tu vas comme ça ? ». Il semblait trouver bizarre ma présence sur ce chemin de terre. Je lui ai répondu que je voulais aller sur le cratère Tere Vaka. Il m’a alors indiqué le bon chemin. Car celui que je m’apprêtais à emprunter étais beaucoup trop difficile pour le faire seule et à pieds. J’ai compris toutes ses explications, enfin, en gros. Il me fallait trouver l’entrée du nouveau sentier, apparemment indiqué par un panneau jaune… Plus loin, j’ai rencontré un couple de Français qui possédait un GPS. Je leur ai demandé une nouvelle fois mon chemin.

Une fois sur le bon sentier, une petite heure de marche m’a suffi pour atteindre le bord du cratère ! Et vous ne vous pouvez pas vous imaginer le sentiment de fierté que j’ai ressenti. La fierté d’avoir vaincu ma peur. Tout ne sera pas résolu, mais c’est une première étape. Petit à petit je vais apprendre à me faire confiance et je serai plus forte. Finalement, c’est peut être ça le but de mon voyage…

Troisième jour à Rapa Nui

Premier arrêt : le site de Vinapu

Ce site possède deux Ahu (plateformes) très différentes. L’une d’entre elles est mieux agencée, plus soignée que la seconde. Elle pourrait faire penser aux constructions des Incas au Pérou. C’est d’ailleurs après sa découverte qu’un chercheur, Thor Heyerdahl, a élaboré une théorie selon laquelle les Pascuans seraient originaires d’Amérique latine.

Les autres scientifiques pensent, à partir de ces deux constructions, que les Pascuans, en fonction des époques et des besoins, ont utilisé les pierres du premier Ahu pour construire le second. Plus tard, ils auraient restauré le premier en recyclant les pierres du second Ahu. C’est à en perdre son latin !

Le problème pour les chercheurs c’est que les Pascuans ne les laissent pas fouiller. Ils se contentent de leurs légendes orales et refusent le cartésianisme des scientifiques. Du coup ces derniers ont beaucoup de mal à étayer leurs théories.

Deuxième arrêt : Orongo, le village de l’homme oiseau

Ce village était habité uniquement lors de l’élection de l’homme oiseau. Cette élection prenait la forme d’une compétition sportive. Une fois par an, à l’arrivée des hirondelles sur l’îlot Motu nui, les puissants des tribus envoyaient un compétiteur chercher un œuf d’hirondelle. Les compétiteurs prenaient leur bateau/planche de surf nageaient jusqu’à l’îlot, y vivaient jusqu’à que l’un d’entre eux trouve un œuf. Il criait alors le nom de son maître avant de rapporter l’œuf sur Rapa Nui.

Le rôle de l’homme oiseau était de déclarer des zones de l’île taboues pour permettre à la terre de se reposer et aux animaux de se reproduire.  Ainsi, la nature se régénérait pour pouvoir nourrir toute la population. Lorsque les récoltes étaient terminées, l’homme oiseau avait également pour mission de repartir les vivres et les produits de la terre entre les tribus.

D’après la théorie que Lionel, notre guide, nous a donné, il se pourrait que le culte de l’homme oiseau se soit développé après l’arrêt de la construction des Moaïs. Il aurait en quelque sorte remplacé les Moaïs. Car Lionel penche pour l’hypothèse selon laquelle les statues auraient été utilisées dans le cadre d’un culte de la fertilité de la terre. Mais avec l’épuisement des ressources, les Pascuans auraient préféré économiser leurs forces et arrêter de tailler des Moaïs pour s’en remettre à l’homme oiseau.

Tout au long des visites et de ses commentaires, j’ai également bien senti que Lionel ne croyait pas trop à la théorie selon laquelle les Pascuans, en surnombre, se seraient combattus ce qui aurait provoqué le déclin de leur civilisation. Cela dit, il nous a toujours mentionné les différentes possibilités évoquées par les chercheurs.

Troisième arrêt : la carrière de pierre Puna Pau

Puna Pau est la carrière dont sont issues toutes les coiffes des Moaïs, celles-ci sont toutes faites de scorie rouge, une pierre très friable. Au pied de la carrière se trouvent plusieurs roches, de forme ronde. Lionel nous a expliqué que peut-être la scorie était extraite puis roulée jusqu’à la statue à coiffer et taillée en forme de coiffe avant d’être placée sur la tête du Moaï.

Cependant les premières fouilles du site, en 2009, ont mis en évidence des estrades, sous ces roches. Ce qui signifieraient qu’elles n’avaient pas vocation à être déplacées. Il pourrait ainsi s’agir de marqueurs pour indiquer l’entrée de la carrière. 

Nous avons ensuite rejoint le sommet de la carrière. Là, Lionel nous a expliqué que des études scientifiques ont souligné que le cratère n’a pas été creusé naturellement. La cavité résulte de l’activité humaine.

Quatrième arrêt : l’Ahu Akivi

Il s’agit du seul Ahu sur lequel sept Moais regardent vers la mer. Ils pourraient représenter les sept navigateurs envoyés en éclaireur par le roi Hotu Matu’a. Ils regarderaient en direction de leur terre d’origine, les Îles des Marquises, en Polynésie.
Une autre théorie veut que ces Moaïs, placés selon un axe nord/sud aient servi à l’établissement du calendrier agricole. En effet à chaque solstice, (été comme hiver) la constellation de la ceinture d’Orion se lève précisément dans l’axe de la statue du milieu.

Cinquième arrêt : grotte d’Ana te Pahu

Cette grotte est en fait un « lava tube ». Lors de l’éruption, la couche extérieure du magma s’est solidifiée alors que  la couche intérieure a continué de couler. Il existe un vaste réseau de « lava tube » sur Rapa Nui. Certains, à l’instar d’Ana te Pahu ont été occupés, habités par les Pascuans durant la colonisation.

Mon deuxième jour sur l’Île de Pâques 

Pour mon séjour sur Rapa nui, je me suis fait plaisir. J’ai choisi de séjourner en demi-pension chez Tita et Lionel. Au programme : une chambre/bungalow rien que pour moi avec une salle de bain privée. Le tout dans une résidence très fleurie et arborée. En outre, Lionel, le maître des lieu, est français. Il a émigré il y a plus de 15 ans sur l’île et est devenu guide. 

De bon matin nous voilà donc partis chercher Jeannine et Jean-Yves, un couple de québécois, avant de nous lancer à la découverte de l’île.

Premier arrêt : la plage Anakena

Tous les historiens s’accordent à dire, en adéquation avec la tradition orale pascuane, que c’est ici que les premiers Pascuans auraient débarqué. En effet, Anakena est la seule anse sableuse de l’île et donc le lieu idéal pour amarrer un bateau ! 

Selon la tradition orale pascuane, le premier roi pascuan, Hotu Matu’a, vivait en Polynésie, probablement sur une île des Marquises. Il aurait envoyé des éclaireurs à la recherche d’une nouvelle île pour établir sa dynastie. Mais, impatient de déménager, il n’aurait pas attendu leur retour et aurait pris la mer avec des vivres, son épouse enceinte, ainsi que toute la suite royale. Arrivé sur la côte de l’île, il aurait débarqué dans une grotte, où sa femme accoucha. L’histoire veut que le placenta ait été jeté à la mer et que, porté par les courants, il ait conduit le roi et sa suite sur la plage d’Anakena.

Si certains voudraient que les Pascuans soient originaires d’Amérique Latine, il est beaucoup plus vraisemblable, selon la communauté scientifique toujours en accord avec les récits oraux, qu’ils aient émigrés de Polynésie française. D’une part parce que les Polynésiens savaient comment construire des embarcations adaptées aux longs voyages en mer, ensuite parce qu’ils avaient l’habitude d’aller régulièrement à la découverte d’îles nouvelles. En effet, ils habitaient généralement une île jusqu’à l’épuisement de ses ressources naturelles, ils en changeaient donc régulièrement.

Scientifiquement, les experts ont du mal à dater l’arrivée des premiers hommes sur l’île. Des traces apparaissent aux alentours du 9ème siècle après Jésus Christ. L’apparition des premiers Moais daterait du 12ème siècle.

Sur le site d’Anakena, on trouve deux Ahus avec respectivement 7 et 1 Moaïs. L’apogée de la période de taille des Moaïs est au 16eme siècle et s’achève au 18ème siècle. Ce n’est pas un secret, les théories divergent quant au rôle de ses statues de pierres géantes. Certains pensent qu’elles incarnaient l’âme des chefs défunts protégeant la tribu, ou encore qu’ils auraient été utilisés dans le cadre de cérémonies mortuaires. D’autres, enfin, estiment que les Moaïs jouaient un rôle dans les rites liés à la fertilité de la terre et à l’abondance des récoltes agricoles de l’île.

Si, au fil des siècles, les statues ont gardé le même profil (une tête, un tronc et les mains sur le ventre), les chercheurs ont noté une évolution de leur morphologie. Plus on avance dans le temps, moins ils ressemblent aux hommes. Leur tête est de plus en plus rectangulaire, leur buste de moins en moins arrondi. Avec les années, la coiffe rouge, symbolisant les cheveux, disparaît ainsi que la cavité sensée accueillir les yeux de corail.

Concernant l’arrêt de la production des Moaïs, là encore les théories divergent. Certains pensent qu’une guerre entre les tribus aurait amené à l’arrêt de la production mais aussi à la destruction (ou du moins à la fermeture) des Ahu.  

Deuxième arrêt : l’Ahu Te Pito Kura

C’est sur ce site que le dernier Moaï debout a été aperçu aux alentours du 18ème siècle. En effet, lorsque les scientifiques ont commencé à s’intéresser aux Moaïs, ils les ont tous trouvés renversés, face contre terre ! Un grand travail a été mené pour restaurer les Ahus les plus importants et redresser de nombreuses statues. Mais aujourd’hui encore, lorsqu’on se promène dans l’île, on peut voir des Moaïs renversés.

Cette singularité a alimenté la théorie selon laquelle, la construction des Moaïs a pris fin suite à des guerres tribales. Au fil des siècles, la popupaltion de l’île n’a cessé d’augmenter jusqu’à ce que les ressources de Rapa Nui ne suffisent plus pour subvenir aux besoins de chacun. Il en aurait résulté une guerre entre tribus. Les vaincus auraient vu leur Moaïs renversés et leurs Ahu fermés.

Une autre théorie veut que le conflit ait opposé l’élite (les longues oreilles, représentés par les Moaïs), à la populace (les courtes oreilles) qui aurait mis à terre les Moaïs et fermé les Ahu pour mettre fin à la domination des longues oreilles. Lesquels auraient d’ailleurs été massacrés. 

Cependant, plusieurs pistes de recherche viennent contredire la théorie des guerres. D’abord, les statues étaient faites d’une roche relativement friable et si elles avaient été jetées à terre, on les aurait retrouvées en morceaux. Or aucune des statues relevées n’étaient cassées. En outre, des fouilles sous les Moaïs  couchés, puis relevés, ont permis de découvrir des ossements. Ces découvertes ont poussé certains à dire que les Ahu ont bien été fermés, mais pas à cause de guerres. Les ressources de l’île étant plus rares, les hommes auraient décidé de déplacer le culte des Moaïs directement à la carrière des Moaïs.

Troisième arrêt : le site de Tongariki.

Là sont alignés sur un Ahu, dos à la mer, 15 Moais sensés représenter les chefs de tribus. Les styles dits archaïques côtoient les styles récents. Ils n’étaient donc probablement pas tous sur l’Ahu en même temps. Ce site vient alimenter l’idée que les Moaïs étaient l’incarnation des grands chefs de tribus. Cela conforte également la piste d’une société de caste (les longues et les courtes oreilles).

Par ailleurs, lors d’un tsunami en 1960, le site a complètement volé en éclat. Il a pu être reconstruit grâce au mécénat d’un industriel japonais. Certaines statues avaient perdu leur tête, elles ont donc été recollées. Ce qui remet en cause la théorie d’une révolte du petit peuple contre la noblesse pour expliquer l’arrêt de la production des statues. En effet, si ce site était un haut lieu du pouvoir, il aurait du être l’un de premiers détruit et ses Moaïs avec.

Quatrième arrêt : la carrière de Ranu Raraku

Dans cette carrière ont été sculptés tous les Moaïs de l’île. Tous sans exception. Les scientifiques peuvent l’affirmer car c’est le seul volcan de l’île à produire la roche qui compose les statues. A l’époque des Ahu, les Moaïs étaient complètement sculptés dans la carrière avant d’être acheminés vers les Ahus. Comment étaient-ils transportés ? Il existe plusieurs réflexions. En voici deux : couchés sur des rondins de bois que l’on faisait rouler ou mis debout et tirés par des cordes, un côté après l’autre, un peu comme si la statue marchait. 

Cependant, le site renferme plus de 400 Moaïs. Certains sont renversés, d’autres enterrés, certains sont achevés d’autres non. Pour certains, ce « désordre » serait le signe d’une fermeture précipitée de la carrière au moment de la guerre. D’autres estiment au contraire que le fait de partager la carrière de pierre rend la théorie de la guerre caduc. Car, jusqu’à l’arrivée des colons, des Moaïs  ont été sculptés. Certains avancent alors que les Ahus fermés, le centre du culte à été transféré dans la carrière. Les Moaïs qui semblent abandonnés, sont en fait des statues placées à dessein sur le chemin emprunté par les maîtres de cérémonies lors des célébrations funéraires ou rituelles.

On trouve cependant quelques Moais surprenant dans cette carrière. Certains sont encastrés dans la roche, comme s’ils n’avaient pas vocation à en sortir. Ils se pourraient qu’ils aient été taillés au moment de la fermeture du site pour empêcher la création de nouvelles statues. On trouve également un très vieux Moaï, avec une tête humaine, et surtout des fesses et des genoux. On ne sait pas expliquer ce qu’il fait là. Mais il permet de conforter l’idée selon laquelle les Moaïs étaient parfois retaillés pour être réutilisés.

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