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Histoires d'un tour du monde

Mon voyage en solo

Mois

décembre 2015

Les petits bobos

Quand on voyage, tout prend des proportions plus importantes. Je parle d’un point de vue sanitaire. Je fais attention pour ne pas tomber malade, car ma plus grande hantise est de devoir consulter un médecin. Mais pour les petites blessures du quotidien, malheureusement, je n’arrive pas à surmonter ma maladresse.

Ainsi, à Tahiti, je me suis griffée le pied. Où ? Je ne sais pas. Mais, quand j’ai vu que j’avais du mal à cicatriser, j’ai tout de suite pensé au corail. Et oui, le corail a la perfide habitude de venir pousser dans les plaies ouvertes. J’avais pourtant bien désinfecté. Mais pour être sûre, je suis quand même allée à la pharmacie, pour m’assurer que tout allait bien. Et… Tout allait bien. La preuve, aujourd’hui mon pied ne s’est pas transformé en patate de corail…

J’ai aussi consulté nos amis pharmaciens après m’être aspergée du répulsif antimoustique dans les yeux. Oui, oui, en plein dans le mille. Comment? J’étais dans un dortoir, tout le monde dormait, je n’ai pas voulu allumer la lumière pour ne réveiller personne… Voilà le résultat. J’ai rincé immédiatement à l’eau du robinet. Puis, comme j’ai emmené avec moi une trousse à pharmacie digne d’un hôpital, j’ai continué avec une dosette de sérum physiologique. J’ai bien fait rire la pharmacienne, qui m’a donné des gouttes désinfectantes, au cas ou… Mais à ce jour, je ne suis pas aveugle, alors je pense que mes yeux s’en sont remis.

En revanche, pour le choc à la tête suite à ma chute à Whakatame, je dois avouer que je suis un peu plus embêtée. En France, je serais allée droit aux urgences pour me rassurer. Mais ici en Nouvelle Zélande, il faudrait que j’avance les frais médicaux. Et ensuite, il faudrait que j’envoie toutes les factures à mon assurance pour qu’elle me rembourse. Tout ça pour un scanner probablement inutile puisque que je ne suis pas tombée dans les pommes, que je n’ai, à ce jour, eu ni vomissements, ni problèmes d’équilibre ni troubles de la vision.  Pour l’instant, j’en suis juste quitte pour un léger mal de crâne et des courbatures dans le cou et les bras. Plus de 48 heures sont déjà passées mais, même si j’ai la tête dure, je reste vigilante.

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Sur les traces de Toi

Ne me posez pas la question, je n’ai aucune idée de qui est Toi, si ce n’est qu’il a donné son nom à un sentier de 16 kilomètres qui forme une boucle reliant Whakatame à Ohope.

Oui, pour une fois, ce que j’ai lu dans le guide est vrai ! La dame de l’i-site  (office de tourisme) me l’a confirmé, le sentier « Nga Tapuwae o Toi » est accessible depuis la ville. Il se divise en deux parties, l’une qui borde la côte et l’autre qui passe par une réserve naturelle, sensée abriter des Kiwis (mais les Kiwis sont timides, ils ne sortent que la nuit…) Bref c’est un sentier qui passe par ce que les Néo-zélandais appellent le Bush. Moi je dirais la forêt, encore que parfois, ça a des allures de jungle, sans les serpents, ni les araignées, ni les bêtes féroces.

Je suis donc partie de bon matin sur « les traces de Toi », ou si vous préférez sur le « Nga Tapuwae o Toi » walk. Et, malgré les nuages qui s’accumulaient, les paysages étaient vraiment beaux, l’eau de la mer très très bleue, les vues panoramiques sur la baie impressionnantes, et le sentier bien balisé. 

A mon arrivée sur la plage d’Ohope, il s’est mis à bruiner. Je n’ai donc pas forcément pu apprécier à sa juste valeur la plage « préférée » des Néo-zélandais. Je m’y suis quand même arrêtée une vingtaine de minutes pour manger un morceau avant de partir à l’assaut du bush.

Je m’apprêtais à marcher pendant trois bonnes heures, mais deux m’ont suffi pour rejoindre Whakatame. Et, encore une fois, au milieu de la balade, j’ai eu une petite frayeur. Le balisage s’est mis à changer. J’ai eu l’impression de m’être trompée de route et d’avoir rejoint un autre sentier sans le vouloir. Mais heureusement la technologie fait des miracles et grâce au GPS de mon téléphone, j’ai pu voir que j’étais non seulement sur le bon chemin, mais que j’étais beaucoup loin que je ne pensais. 

Le sentier alternait paysages forestiers et point de vue sur les montagnes environnantes, avant de rejoindre la route des gorges de Whakatame. Une balade bien sympa donc ! Et très différente de celle du matin.

Les légendes de Whakatame

Avant de remonter dans le bus Stray, et de continuer mon périple à travers l’île nord, j’ai décidé de prolonger mon séjour sur la côte est, dans la petite ville portuaire de Whakatame. Cette station balnéaire, à l’embouchure de la rivière du même nom, est vraiment un lieu charmant. Touristique, l’endroit a su se préserver de la voracité des tours operators. On ressent une certaine douceur de vivre loin de l’agitation de villes tout aussi touristiques mais beaucoup plus stressantes, comme Rotorua par exemple.

L’après-midi de mon arrivée, je suis partie à la découverte de Whakatame en suivant le sentier appelé « héritage Trail ». En effet, ce petit port est l’un des premiers à avoir été colonisé par les peuples Maoris, venus d’Hawaiki pour trouver une nouvelle terre d’abondance.

Au cours de ma promenade, j’ai pu voir une réplique du Mataatua canoë, à bord duquel sont arrivés les premiers Maoris et leur chef Toroa. J’ai également vu les trois « repères », que le père de Toroa lui avait indiqué et qui devaient lui permettre de trouver la terre promise : la cascade Te Wairere, la cave de Muriwai et le rocher d’Irakewa. Le sentier m’a également conduite à deux points de vue sur la baie. Et, enfin, à une statue très particulière et très importante puisqu’elle symbolise le baptême de Whakatane.

La statue est celle de Lady Wairaka, fille de Toroa. La légende raconte que les Maoris, après avoir débarqué, laissèrent femmes et enfants se détendre sur la plage et partirent à la découverte de leur nouvelle terre. Les hommes partis, les femmes s’occupant des enfants, personne ne fit attention au canoë, qui bientôt fut emporté par la marée montante. Personne sauf Wairaka. N’écoutant que son courage, elle nagea jusqu’au bateau de son père et monta à bord avec l’intention de le ramener sur le rivage.

Cependant, la tradition maorie interdisait formellement aux femmes de pagayer. Wairaka ne se démonta pas pour autant. Elle se leva, se plaça à la proue du canoë et cria : Kia Whakatane au I ahau. Ce qui signifie littéralement : je deviendrai un homme. Et c’est ainsi, grâce au courage d’une femme qui, pour sauver les siens, se battit contre les éléments et la tradition, que Kakähoroa fut rebaptisée Whakatane (devenir un homme).

Une arrivée chaotique 

Mon arrivée à Whakatame n’a pas été de tout repos. J’ai d’abord oublié  mes chaussures de marche dans le bus. Comment peut-on oublier ses chaussures de marche dans le bus ? Me demanderez-vous. Eh bien, elles étaient encore mouillées après la marche de la cascade. 

J’avais donc des vieilles baskets aux pieds et mes chaussures de marche se trouvaient sous mon siège. Au moment de descendre du bus, j’ai pensé à tout, sauf à elles. Enfin, jusqu’à ce que le bus tourne au coin de la rue. Mais avec tout mon barda, je ne pouvais pas lui courir après. Je ne pouvais pas non plus tout laisser en plan pour courir après le bus…

Un homme qui passait à côté de moi a vu mon désarroi. Quand je lui ai expliqué ce qui m’arrivait, il m’a recommandé de traverser la rue. Pour rejoindre la route principale, m’a-t-il expliqué, le bus devait forcément faire le tour du pâté de maison. Et il avait raison. Deux minutes plus tard, le bus revenait vers moi. J’ai fait de grands signes et j’ai pu récupérer mes chaussures !

Et c’est pas fini ! Je me suis mise en route pour rejoindre mon auberge de jeunesse. J’avais mon backpack sur le dos, mes palmes sur l’épaule, mon sac-à-dos sur la poitrine, mon sac « à manger » dans la main. Oui, je sais, je voyage léger… A quelques mètres de ma destination finale, perdue dans mes pensées, j’ai trébuché et je suis tombée. Mais vraiment tombée. La cause de ma chute, j’en suis sûre, sont mes chaussures. Et oui, je vous avais dit que j’avais de vieilles baskets aux pieds. Baskets qui ont d’ailleurs fini à la poubelle…

 J’ai essayé d’arrêter ma chute avec mes genoux puis mes mains mais, emportée par le poids qui se trouvait dans mon dos, 16 kilos quand même, ma tête est venue dire bonjour au bitume. Heureusement, j’étais sur le trottoir car, sur le coup, j’étais bien sonnée. 

Immédiatement, un homme adorable est venu m’aider à me relever. Il a pris mes affaires et m’a conduite d’office dans le magasin où travaillait sa fille. Deux verres d’eau m’ont aidé à reprendre mes esprits. J’avais le genou égratigné et, pour la première fois en 20 ou 25 ans, j’avais déchiré mon jean en tombant. Ma main aussi était éraflée ainsi que le haut de ma tête. J’ai même perdu une bonne poignée de cheveux dans ma débâcle. Adorable, le monsieur m’a conduit en voiture a l’auberge, où j’ai pu prendre une douche et me reposer le reste de la matinée.

Que le monde est petit

Il y a un moment que je ne vous ai pas fait part des rencontres que je fais régulièrement…

A mon arrivée à l’aéroport d’Auckland, alors que j’attendais le bus pour rejoindre le centre-ville, j’ai discuté avec un Hollandais. Comme moi, il venait d’arriver. Il voulait voyager et ensuite travailler pendant quelques temps. Il avait, m’a-t-il expliqué, réservé un tour avec une compagnie de bus. Et oui, j’ai connu Stray grâce à cette personne. Il avait piqué ma curiosité et c’est grâce à lui que, quelques jours plus tard, je réservais mon billet pour visiter l’île nord. Notre discussion a été interrompue par l’arrivée de mon bus. Je suis partie précipitamment, sans lui demander son nom pour rester en contact, au cas où… 

Et pourtant, quelques semaines plus tard, j’ai retrouvé ce garçon dans le Stray bus. Nous avons parcouru la côte est ensemble. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite, et lui ne m’a pas reconnue du tout. Mais je dois avouer que les chances de revoir Kevin, le Hollandais, étaient très très minces. Comme quoi, le monde est petit ! Nos chemins se sont une nouvelle fois séparés lorsque je suis descendue du bus à Whakatame. Mais qui sait, on se croisera peut-être à nouveau.

A la recherche de la cascade perdue

Chargé, ce troisième jour sur la côte est. Nous avons vu deux charmantes petites églises mêlant arts catholique et maori. Nous sommes également montés (plus de 700 marches) au phare de la colline de Tikitiki, le point le plus à l’est de la côte néo-zélandaise. Entre-temps nous avons fait un détour par la fabrique de manuka. Les Maoris produisent du miel à partir de la fleur et de l’huile à partir des feuilles de cette plante.

Nous sommes arrivés à la dernière auberge de jeunesse de notre périple dans l’est vers trois heures. Située dans une crique, elle porte bien son nom : backpacker paradise. J’avais hâte d’y arriver car notre chauffeur nous avait promis une marche sympa jusqu’à une cascade ! Avec Asia et Louise, deux compagnes de voyages, nous avons décidé de nous y rendre. Nous n’y sommes jamais arrivées ! 

D’abord parce que le sentier n’était pas bien balisé. Ensuite parce qu’il fallait traverser la rivière, ou plutôt zigzaguer d’une rive à l’autre alors que le niveau de l’eau était relativement haut. Pas assez pour nous décourager de passer mais suffisamment haut pour nous mouiller les pieds (voire les genoux et les fesses dans mon cas). Pas facile de garder l’équilibre dans ces conditions ! Inutile de préciser qu’on a fait demi-tour avant d’avoir vu la cascade ! Grosse déception pour moi ! Mais d’un autre côté, on s’est quand même bien marrées !

La côte est… Hors des sentiers battus 

Jusqu’à présent mon voyage dans l’est de l’île nord est au top. Très peu de touristes viennent jusqu’ici, tout du moins ceux qui ne sont pas véhiculés.Je vois de magnifiques paysages. Les routes sont vraiment splendides. La côte offre de belles plages qui s’étendent sur des kilomètres.

Sans parler du fait que je me trouve dans la zone la plus proche du premier fuseau horaire. Je me suis donc levée deux fois aux aurores pour admirer le premier lever de soleil du monde.

En chemin, j’ai aussi traversé un pont suspendu, marché sur le plus long quai de Nouvelle-Zélande (600 mètres), enjambé une barrière pour escalader une colline au milieu des moutons et des chevaux et voir un point de vue magnifique (je me serais presque prise pour Frodon). J’ai essayé d’aller voir une chute d’eau avant de renoncer quand je me suis retrouvée les fesses presque dans l’eau. Et enfin, je suis montée jusqu’au phare qui marque le point le plus à l’est de la côte néo-zélandaise.

J’ai mangé une pizza au coucher du soleil sur une plage avant de passer la soirée autour d’un feu de camp à écouter deux garçons chanter en jouant de la guitare. Sans oublier les soirées barbecue et mexicaine sur la plage. Ni les bons moments passés en groupe à tout préparer.

Non vraiment, cette partie du voyage est spectaculaire et fantastique. Croisons les doigts pour que ça continue. Mais il n’y a pas de raisons. D’autant plus que nos guides sont du coin, qu’ils aiment leur région et qu’ils ont à cœur de nous emmener hors des sentiers battus. 

L’âge c’est dans la tête non ?

Après avoir passé des années à être la plus jeune : dans ma famille, en stage, au travail… Force est de constater qu’aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas. Dans le Stray bus, je fais partie des doyens. La moyenne d’âge avoisine les 25 ans, avec plus de personnes aux alentours de 20 ans que de 30 ans.

Parfois, quand je parle avec mes compagnons de voyage, je me sens vieille, très vieille. Un exemple frappant : le premier soir, au pot d’accueil, j’ai discuté avec une allemande :

« C’est la première fois que tu viens en Nouvelle Zélande ? M’a-t-elle demandé.

– oui, et toi ? Ai-je gentiment répondu.

– oui, a-t-elle dit avant d’enchaîner : mais quel âge as-tu ?

– 29 ans.

– oh ! Moi j’ai 19 ans. Dix ans de moins que toi.

J’ai été tellement scotchée que je n’ai pas su quoi répondre. Mais, heureusement, la plupart du temps, les gens ne sont pas comme ça. Même si nous n’avons pas tous les mêmes délires, nous avons tous le même objectif : profiter ! Après tout, nous sommes tous des voyageurs ! Ça donne des repas sympas, des discussions animées, des jeux de tables bizarres mais très marrants, des soirées tranquilles autour du feu de camp sur la plage, des danses et des karaokés dans le bus, de la solidarité pour la préparation des repas et surtout la vaisselle… Bref on passe des bons moments, tous ensemble, quelque soit notre âge ! Car après tout, l’âge, c’est dans la tête, non ?

Gisborne, capitale historique néo-zélandaise

Après deux jours à Rotorua, je suis remontée dans le Stray bus. Direction la côte est ! Nous avons fait un premier arrêt à Gisborne, ville historique. 

C’est là que le capitaine James Cook (et oui, encore lui!) a posé le pied pour la première fois en Nouvelle Zélande. Cependant, le premier à avoir découvert ce fabuleux pays est le navigateur hollandais Abel Tasman. De même, ce n’est pas Cook qui a foulé en premier la terre néo-zélandaise, mais Nicholas Young. Ce jeune garçon de douze ans avait, le premier, vu la terre depuis le bateau. 

Gisborne, champ de bataille entre les Maoris et les colons anglais, a aussi été le lieu de l’un des premiers traités de paix. Enfin, les deux dernières choses à savoir sur cette petite ville, c’est qu’elle est réputée pour ses spots de surf. Et que, étant située sur l’un des point les plus à l’est du pays, il se murmure que l’on peut y admirer, avec un peu de motivation et un bon réveil, le premier lever de soleil du monde, « the first Sunrise of the world ».

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