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Histoires d'un tour du monde

Mon voyage en solo

Mois

novembre 2015

Mon Sky trip polynésien 

Pour se déplacer en Polynésie, le moyen de transport, le plus rapide et le moins prise de tête, reste… L’avion. Un peu comme le bus en Amérique latine. De fait, en dehors des bateaux de croisière ou des ferries qui relient Tahiti à Moorea ou Raiatea à Tahaa, il y a très peu de liaisons maritimes inter-îles. Les distances sont trop importantes. L’avion, même si c’est très cher, reste donc le meilleur moyen de se déplacer qu’on soit touriste ou Polynésien.

Ceux qui me connaissent, savent que pour moi, ce moyen de transport s’apparente à un véritable sacerdoce. Surtout le décollage. Une fois par mois, passe encore, mais sept fois en deux semaines, bonjour l’horreur ! 

Cela dit, c’est comme tout, on finit par s’habituer. D’abord parce que les avions d’Air Tahiti ne sont pas si petits que ça. Je m’attendais à des vieux coucou qui secouent. Mais non. Bon, ça reste des avions à hélices, mais ils ne sont pas plus petits que ceux qui effectuent les Paris/Brest en France. 

Ensuite, on sent que les pilotes connaissent bien le parcours, qu’ils maîtrisent parfaitement leur avion. Enfin comme tous les pilotes et heureusement d’ailleurs. Ce que je veux dire c’est qu’on sent à peine le décollage et encore moins l’atterrissage !
Enfin, les temps de vols sont extrêmement courts, 7 minutes entre Tahiti et Moorea ! On avait à peine décollé, l’avion n’était même pas redressé, que le chef de cabine faisait les annonces pour l’atterrissage.

Sans oublier le plus important : il n’est pas nécessaire d’arriver deux heures à l’avance à l’aéroport. Une heure, voire trois quart d’heures suffisent. Ce qui est très appréciable. Les contrôles sont très succincts. Le personnel vérifie simplement que vos bagages ne dépassent pas le poids autorisé. S’ils sont trop lourds, pas d’échappatoire possible, il faut payer la surtaxe. Personnellement, j’avais pris l’option 23 kg, pour être tranquille autrement, c’est 10 kg maximum ! Mais pour le reste, vous pouvez passer avec votre bouteille d’eau d’un litre à la main tranquillement ! Personne ne vous soupçonnera de vouloir détourner l’avion !

J’ai également été surprise de voir que les places ne sont pas attribuées ! Chacun s’assoit où il veut. Bon, pour les derniers, c’est surtout là où il reste de la place, mais j’ai toujours réussi à m’asseoir côté hublot. Du coup, j’ai toujours pu voir les îles au décollage et à l’atterrissage. C’est la meilleure manière d’avoir une (splendide) vue d’ensemble ! A condition que les hublots soient propres bien sûr !

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Seule au monde à Bora-Bora

Ma dernière escale polynésienne est Bora Bora. Celle que j’attendais le plus car je me suis vraiment fait plaisir. J’ai loué, pour moi toute seule, un bungalow avec vue sur le lagon. Au programme : farniente !

Si vous avez lu les posts précédents, vous constaterez que je me suis lancé un véritable défi ! Sur le papier, l’idée de rester toute une journée à ne rien faire, est très très séduisante, mais quand il faut la mettre en pratique, je n’y arrive pas ! Au bout de dix minutes, j’ai des fourmis dans les jambes. Allez savoir pourquoi ! Ça doit être de famille. Un gène qui se transmet de mère en fille. 

Sauf que je suis arrivée au bout de mon budget polynésien, je l’ai même un peu dépassé. Donc je n’ai pas pu programmer d’excursion. Par ailleurs, la pension était située sur un petit motu, au large de l’île principale de Bora Bora. Là, il n’y avait rien d’autre à faire à part écrire, lire, écouter de la musique, se baigner, dormir et manger bien sûr… 

Lorsque je suis arrivée, le samedi midi, j’ai appris que je serai la seule cliente de la pension jusqu’au lendemain soir. J’ai donc passé le week-end, seule, au bout du monde sur un îlot de 4000 m2, sans internet, à écrire, lire, écouter de la musique, me baigner, dormir et manger… Avec Chantal et Michel, les deux gérants de la pension, aux petits soins pour moi. Trop dure la vie !

Et c’est plutôt agréable finalement, d’autant plus que j’avais une vue superbe sur l’île principale depuis mon bungalow. Ahhhh mon bungalow ! Il était grand, avec un grand lit et un canapé et une salle de bain… Tout ça rien que pour moi. Et un balcon avec un salon de jardin, toujours rien que pour moi! Je pouvais m’asseoir pour lire et, le soir, admirer le coucher de soleil…

Et je ne vous ai pas parlé des repas ! Le premier soir, au menu c’était : tartare d’espadon à l’ananas en entrée, steak d’espadon sauce à la vanille polynésienne (avec du riz nature) pour continuer et en dessert un cake mangue, banane, papaye ! Miam! Et, le second soir, poisson au lait de coco, steak d’espadon, sauce au gingembre, purée de pomme de terre maison, banane flambée !

Rien de tel pour vous remonter le moral, pour vous requinquer avant la Nouvelle-Zélande ! 

Alors même si ce weekend, les nuages, et surtout le vent étaient de la partie, je ne me plains pas. Déjà parce que même s’il fait gris la couleur de l’eau reste d’un tel bleu qu’on ne regarde qu’elle, pas le ciel. 

Et parce que le vent, même s’il souffle fort, reste chaud, il chasse les nuages et surtout il me permet de ne pas étouffer sous la chaleur humide de ce début de saison des pluies !

Vous l’aurez compris (oui je sens qu’en lisant ces lignes vous avez envie de me détester) Bora Bora c’est le pied !

La Polynésie, le paradis des amoureux ?

Je dois avouer qu’avant d’arriver en Polynésie, j’appréhendais un peu de me retrouver avec une horde de jeunes couples, tout juste mariés et fiers de l’être (Bridget Jones, si tu m’entends…) qui m’auraient rappelé que chouchou est resté à la maison et qu’il me manque beaucoup beaucoup.

Mais en dormant dans des pensions à petits budgets et en limitant mes excursions avec des gros tours operators (plus de 10 personnes), j’ai réussi à éviter une grande partie d’entre eux ! 

Les seules fois où la réalité de la Polynésie me rattrapait c’était à l’aéroport. Ils étaient partout ! Ils étaient Francais, mais surtout Asiatiques ou Américains. Elles avec leurs bagues brillantes (l’alliance ET la bague de fiançailles, quand je vous dis qu’ils sont fiers) et eux avec leur manière niaise d’admirer leur nouvelle épouse. 

Moi, mauvaise ? Mais pas du touuuuuuuut. Enfin, j’exagère peut-être un peu. Mais il faut dire que lorsqu’on vous pose sans cesse la question  : « tu voyages seule ? » Au bout d’un moment on a envie de répondre : « non je voyage avec mon mari imaginaire ! »

J’ai en tête mon arrivée à Moorea. À l’aéroport, le chauffeur du mini bus privé m’a dirigé vers sa collègue, pour que je paye le transfert vers ma pension. Lorsque je me suis dirigée vers, celle-ci elle m’a regardée, puis a semblé chercher s’il y avait quelqu’un avec moi. Quand elle s’est rendue compte que ce n’était pas le cas, elle a penché la tête sur le côté (allez savoir pourquoi), et m’a demandé surprise : « tu voyages seule ? »

Comme je répondais par l’affirmative, elle a pris une voix suraiguë, un peu comme quand on parle à un enfant, et elle s’est écriée : »oh bah c’est triste ça ! » Autant vous dire que mon sang n’a fait qu’un tour, je lui aurais bien rétorqué : »ben non C…..se, c’est mon choix ! » Mais à la place j’ai ouvert de grands yeux et je me suis esclaffée, un peu choquée quand même, : »ben non au contraire, c’est top, je fais le tour du monde ». Elle a dû comprendre qu’elle avait été trop loin parce qu’elle s’est toute suite reprise : « oh quelle chance ! ». Ouais, tu parles ! Raccroche-toi aux branches !

Les secrets de la vanille de Polynésie !

Lors de mon excursion sur Tahaa, j’ai eu la chance de visiter la plantation de Brian, dans la vallée de la vanille. C’était très différent de la serre que j’avais vue sur Moorea. Parce qu’en réalité, une plantation de vanille, c’est un petit bosquet et non une enfilade de plans d’orchidées parqués sous un grillage.

En effet, chez Brian, la vanille, qui est une plante grimpante, est liée à un arbre, l’hibiscus par exemple. Celui-ci, à condition de savoir le tailler correctement, offrira à l’orchidée les conditions idéales d’ensoleillement et de température nécessaires à sa croissance. Au pied de l’arbre, des écorces de noix de coco sont utilisées pour donner aux racines de l’orchidée toute l’humidité dont elles ont besoin pour favoriser la floraison. 

Mais avant qu’un nouveau plant donne la moindre fleur, il faudra patienter deux ans. Deux années durant lesquelles, il faut tailler la plante régulièrement de façon à ce qu’elle s’étoffe. L’objectif ? Qu’elle donne le plus de fleurs possibles, au moment de la récolte en juin, juillet et août. L’équation est simple : une fleur égale une gousse. Pas de fleur, pas de gousse. Si l’orchidée fleurit, alors le plant pourra être exploité pendant 8 à 10 ans.

Le  séchage des gousses de vanille demande tout autant de travail que la maturation de la plante. Ainsi, les gousses vertes, lorsque la fleur se fâne, deviennent marrons puis tombent. Elles sont ramassées et triées. Celles qui sont belles d’un côté et les gousses tordues, de l’autre. Ces dernières serviront à faire de l’essence, de la poudre ou de l’arôme de vanille.

Il y a un premier séchage. Deux heures par jour au soleil, pendant deux mois. Mais seulement si le temps le permet. Ce processus peu donc prendre (beaucoup) plus de temps, si la pluie et l’humidité décident de s’en mêler. Lorsque la gousse est plate et souple, la seconde phase de séchage peut commencer. C’est la plus fastidieuse puisqu’au cours de la journée, chaque gousse devra être massée à la main afin de libérer la vanilline, responsable de l’arôme de la gousse !  

Eh oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, la fleur et la gousse verte ou marron n’ont aucune odeur ! D’ailleurs, comme elle ne sent rien, l’orchidée n’attire aucune abeille. C’est pour cela que sa  pollinisation  nécessite  l’intervention humaine. Armé d’une fine tige, Brian ou un de ses employés, doit déposer le pollen, qui se trouve dans la partie supérieure de la fleur dans le sac de pollinisation, caché dans la partie inférieure.

Dans sa plantation, Brian fait tout pour produire une vanille 100 % bio. Il espère d’ailleurs recevoir la certification et le label bio, en décembre. Un moyen pour lui de valoriser une activité qu’il délaisse de plus en plus car trop risquée. En effet, dû au réchauffement climatique, et aux aléas qui en découlent, la production de vanille en Polynésie a chuté de 80 à 25 tonnes, ces dernières années. Brian, qui n’a pas échappé à ce phénomène, a donc décidé de se diversifier. Il s’est lancé dans le rhum et le Tamaho. Cette noix, qui donne une huile et une crème aux vertus (soit disant) magiques pour la peau, représente aujourd’hui près de 50% de son chiffre d’affaires. 

Le jardin de corail de Tahaa

Lors de mon excursion sur Tahaa, j’ai visité le jardin de corail. Comme son nom l’indique, un jardin de corail est un lieu préservé où l’on peut admirer de beaux coraux et de beaux poissons. J’avais déjà visité, seule, celui d’Huahine. J’avais surtout été impressionnée par les poissons, moins par les patates de corail. Mais là, sur Tahaa, j’ai vraiment regretté de ne pas avoir de go pro. 

Les coraux étaient magnifiques, de toutes les couleurs, orange, rose, vert et même violet. Il y avait des patates et des coraux branches. Il y avait aussi d’énormes coquillages avec des lèvres (je dis lèvres faute d’un terme plus approprié) bleu cyan, vert fluo, magenta… Et des anémones, énooooormes, avec des petits Nemo ! Oui oui, j’ai vu trois petits Nemo. Sans parler des centaines d’autres poissons multicolores : des poissons perroquet, des poissons papillon, des poissons trompette, des poissons clown donc,… C’était magique. 

Malgré le vent, je suis restée dans l’eau plus d’une heure, et j’étais tellement captivée par le monde sous-marin que je n’ai pas eu froid, moi qui d’habitude remonte toujours la première ! Évidemment, c’est le jour où j’ai choisi de ne pas mettre de tee-shirt pour snorkeller… Résultat, j’ai eu un joli coup de soleil dans le dos ! Le premier depuis que je suis arrivée en Polynésie. Mais bon, il n’est pas trop méchant, j’avais mis de la crème solaire indice 50 quand même et il en vaut la peine !

La légende de Téhérée

Il était une fois, du temps où Raiatea et Tahaa ne formaient encore qu’une seule et même île, une jeune princesse. Elle se nommait Téhérée et vivait sur les hauteur de Tahaa. Un jour, alors qu’elle avait chaud, très chaud, elle décida de plonger du haut de sa colline, pour se rafraîchir. 

Mais ce qu’elle ignorait, c’est que ce jour-là, le bruit avait été rendué tabou !  La mer, le vent, les animaux, les hommes, le monde se devait d’observer le silence car une cérémonie se déroulait sur le Marae de Taputapuatea. Malheureusement, l’écho du plongeon de Téhérée résonna  jusqu’au Marae et réveilla l’esprit de Tahaa.

Très mécontent d’avoir été réveillé, l’esprit, qui avait la forme d’une anguille, dévora la princesse. Mais celle-ci était si belle, que l’esprit fut pris de remords. Des remords tels, qu’il en perdit la raison. Il se mit alors à manger la terre, séparant petit à petit Tahaa et Raiatea. Rendue malade par ce festin peu digeste, l’anguille finit par s’effondrer, morte, quelques centaines de kilomètre plus loin donnant ainsi naissance, à l’île de Tahiti.

La légende de Tiare Apetahi

Raiatea est une terre de légendes ! Et ça tombe bien, j’adore les légendes !!! L’histoire que je vais vous raconter nous fait remonter vers des temps tellement anciens que Raiatea s’appellait encore Hawaïki Nui.

Il était une fois un pêcheur et sa femme qui vivaient sur l’île aujourd’hui connue sous le nom de Raiatea. Un soir qu’il se lamentait de n’avoir rien pêché, son épouse l’encouragea en lui disant : « ne t’inquiète pas, va pêcher demain et reviens le soir ». Le lendemain, le mari revint, les mains toujours vides. Sa femme lui dit alors: « ne t’inquiète pas, va pêcher demain et reviens le soir ». Mais ce soir-là, elle ne vit personne revenir ! Inquiète, l’épouse partit, en pirogue, à la recherche de son mari. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle le retouva sur la berge en train de danser avec une autre. Une vahiné tellement belle que personne ne saurait la décrire avec justice ! 

Le cœur brisé, la femme trouva refuge sur la montagne de Temehani pour y pleurer toute la nuit. Son époux, lui, ramena la belle vahiné chez lui pour y passer la nuit… Au petit matin, trouvant le lit vide, il se demanda où était passée sa nouvelle compagne. Sortant de la maison, il manqua de tomber dans un grand trou. « Mais qui a bien pu creuser ce trou ?, s’étonna-t-il. 

– C’est moi, répondit, du fond du trou, une créature ressemblant à une pieuvre. Le jour, je me cache et la nuit je suis la belle vahiné qui danse avec toi ! »

Comprenant son erreur, le mari partit à la recherche de sa femme. Car il avait compris qu’il ne pouvait pas vivre sans elle. La trouvant en haut de la montagne, il la supplia de rentrer à la maison. Mais celle-ci ne voulut rien savoir. Si son mari voulait la reconquérir, il devrait vivre sur la montagne. Alors qu’elle lui expliquait sa décision, ses pieds prirent racines dans le sol, son corps se transforma en buisson et sa main en une fleur, blanche, composée de cinq pétales : la tiare Apetahi. 

Depuis ce jour, la fleur n’a jamais voulu pousser ailleurs, ni livrer ses secrets aux scientifiques. Personne ne sait pourquoi, mais… Il se murmure qu’elle serait toujours fâchée contre son mari !

Remontons la rivière Faaroa

Lors de mon premier jour sur Raiatea, j’ai eu la chance de remonter la rivière Faaroa. Ce cours d’eau, le seul navigable en Polynésie, est important dans l’histoire de l’île, car c’est ici qu’un prince aurait construit son bateau afin d’aller explorer les alentours. A l’époque, peu d’hommes revenaient d’un tel voyage. On pensait alors que la terre était plate et que ceux que ne revenaient pas, avaient atteint le bout du monde et étaient… tombés !

Mais ce prince là est parvenu à rentré ! Mieux, il annonça qu’il avait découvert d’autres îles ! Alors les représentants (ou peut-être bien les fils), des huit familles (ou peut-être bien des huit tribus) de Raiatea  seraient venus sur les rives de Faaroa, auraient construit des pirogues et seraient partis à la découverte des îles. Et c’est ainsi qu’auraient été peuplées Hawaï et la Nouvelle-Zelande. C’est pour cela également que Raiatea est considérée comme le berceau des cultures polynésienne et maori.

Raiatea, la sacrée 

Après seulement 10 petites minutes d’avion (croyez le ou non je commence à m’habituer au décollage… Mais ceci est une autre histoire), j’ai rejoint Raiatea depuis l’île d’Huahine. Raiatea est, pourrait-on dire, la capitale des îles Sous le vent. Sa ville principale, Uturoa est la seconde ville de Polynésie par sa taille et c’est également un centre administratif important. 

Mais Raiatea est bien plus que cela. Géographiquement, ce petit joyau se trouve au centre du triangle polynésien dont les trois angles sont composés d’Hawaï, au nord, de l’île de Pâques à l’ouest et de la Nouvelle-Zelande à l’est.

C’est de Raiatea que seraient partis huit princes à l’origine du peuplement de toute la Polynésie. C’est ici aussi que se trouverait le centre de la culture Maori. D’ailleurs, nombreux sont les Hawaïens, les Polynésiens ou encore les Néo-zélandais qui viennent en pèlerinage sur l’île, plus précisément sur le site le plus important de la Polynésie : Taputapuatea, qui signifie littéralement : sacré sacré lointain. L’importance de ce site est telle au yeux de la communauté polynésienne,  qu’un dossier a été monté pour qu’il soit classé au patrimoine de l’Unesco.

Les marae de Taputapuatea  (au nombre de 3) étaient destinés aux dieux. Le premier, le plus près de la mer, était dédié à Mau, dieu de la mer. Il était d’usage, une fois la passe de Raiatea franchie, d’attendre que le jour se lève avant d’accoster et surtout de remercier le dieu Mau, d’être arrivé sain et sauf. Un second marae jouxte celui-ci, il serait dédié au dieu de la pêche, ou à une divinité marine. Sur ce marae se trouve également une grande pierre qui servait à désigner les rois. Pour être roi, il fallait la dépasser. Pas évident quand on sait qu’elle mesure près de 2,70 mètres !

Le troisième marae, le plus important, était destiné au dieu de la guerre, Oro. C’est là qu’on plaçait, sur des piques, les têtes des ennemis vaincus. Aujourd’hui, sur l’autel de ce lieu de culte, on trouve toute sorte d’offrandes liées à la vie quotidiennne…

Un quatrième marae, plus éloigné, servait à la préparation du repas et des offrandes. C’est là aussi que les marins racontaient ou chantaient les péripéties qui leur étaient arrivées durant le voyage.

Au cours de la visite, j’ai appris que les marae avaient pour but d’unifier la mer (avec de grosses plaques de coraux) et la terre (avec les pierres volacniques). Mais comment les hommes de l’époque ont-ils réussi à déplacer de telles masse ? Les scientifiques se posent encore la question. Les polynésiens, eux, évoquent le pouvoir des esprits, le mana. 

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