Recherche

Histoires d'un tour du monde

Mon voyage en solo

Mois

octobre 2015

Lost and found 

Lost : 

Un gel douche et une petit bouteille contenant un fond de nettoyant pour le visage. Ils sont sagement posés sur le rebord de la douche du gite aborigène, dans la jungle en Equateur… Puissen-ils être utiles à quelqu’un d’autre que moi.

Un écharpe légère blanc crème quelque part en Equateur, dans un bus très probablement. Je lui souhaite un bon voyage! Que le vent la mène vers d’autres aventures!

Des lunettes de soleil Ray ban. Emportée par le vent, elles se sont fracassées contre une pierre dans le saltar de Tara… Puissent-elles reposer en paix !

Un câble pour décharger les photos de mon appareil… Alors celui-là, je ne m’explique pas sa disparition. Je me revois le mettre dans ma petite sacoche… Il erre quelque part dans San Pedro. Câble, si tu me lis, sache que tu vas beaucoup me manquer !!!!!

Des chaussettes… Après chaque lessive, le tas diminue ! Une cabale des lanvanderias chiliennes, c’est certain!

Found :

Une petite culotte noire, H&M. Je m’en suis rendue compte trop tard. Mais elle me va… du coup je l’ai gardée. 

Publicités

Quelques jours à La Serena

Dans le bus entre Valparaìso et La Serena, j’ai rencontré un couple d’allemands et nous avons décidé de nous rendre ensemble, en voiture, dans le désert fleuri. Comme, ils restaient un jour de plus que moi dans la vallée del Elqui, je les attendus à La Serena. L’occasion pour moi de visiter un peu le centre ville…

La Serena est située à quelques kilomètres de la plage et reliée à Coquimbo (oui oui la ville du tremblement de terre) par une promenade. Quand je suis arrivée en bus, d’en haut, depuis l’autoroute, La Serena et Coquimbo semblaient ne former qu’une seule et grande ville. J’ai été très impressionnée, je m’attendais à une toute petite ville, pas à une quasi métropole !

En revanche, autant on pouvait voir les traces du tremblement de terre à Coquimbo, autant La Serena semble avoir été épargnée.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

L’île aux oiseaux

Ce diaporama nécessite JavaScript.

En passant par La Serena, j’avais un objectif : voir la réserve des pingouins de Humboldt. Ce sont de petits pingouins qui ne vivent que dans cette partie de l’Amérique Latine. La réserve est repartie sur trois îles au large de la côte Pacifique, au nord de La Serena. Elle n’est accessible qu’en bateau depuis un petit port qui s’appelle Punta de Choros.

J’ai donc réservé un tour avec un guide super, Jorge, très sympathique et très à l’écoute. Durant les deux heures de route jusqu’au port, il nous a donné des explications sur le désert fleuri, sur un canyon que nous avons traversé, sur l’économie locale, très dépendante de la pêche et aussi de l’agriculture. D’ailleurs, la region est très connue au Chili pour sa production artisanale de fromage et d’huile d’olive.

Une fois au port, nous avons pris un bateau. Nous n’avions pas le droit de débarquer sur l’île principale, nous nous sommes donc approché pour apercevoir les pingouins. En réalité, les nids et les petits se trouvent sur les hauteurs. Heureusement pour nous, les pingouins font des allers-retours quotidiens entre la mer et le nid pour pêcher. Nous avons donc pu en voir quelques-uns. Nous avons également pu observer des phoques, des piquilleros (sorte de fous à pieds bleus mais sans pieds bleus) ainsi que des cormorans.

Nous avons débarqué sur la Isla Dama. Nous n’y avons vu aucun pingouin. Uniquement des mouettes et une sorte de vautours à tête rouge. Mais cette île n’en reste pas moins magnifique,  surtout lorsque le soleil est de la partie, avec ses fleurs multicolores, ses cactus, ses rochers et sa mer bleue azur !

Après une bonne balade, nous sommes allés prendre un almuerzo (un déjeuner, quoi) avant de rentrer à La Serena. Il se trouve qu’en chemin, le guide s’est gentiment arrêté pour nous laisser prendre des photos du canyon et du paysage alentour. Et, au moment de partir, nous avons eu la surprise de croiser sur notre chemin un petit renard du désert !

Dans la vallée del Elqui

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Située dans l’arrière pays de La Serena, cette région, d’après le guide du routard, vaut pour ses charmants petits villages entourés par les montagnes, ses distilleries de pisco, l’eau de vie chilienne, et son ciel d’une pureté telle que c’est le meilleur endroit pour y observer les étoiles !

J’ai donc décidé d’aller y passer le week-end… D’abord à Vicuña, village natal de Gabriela Mistral, première femme sud américaine a avoir obtenu le Nobel de littérature, et ensuite à Pisco del Elqui, petit village typique de la vallée.

Tout ne s’est pas passé exactement comme prévu. Apparemment Vicuña a été affecté par le tremblement de terre du mois dernier et le musée Gabriela Mistral était fermé… Zut, moi qui voulais le visiter ! La place centrale du village était inaccessible à cause de travaux de rénovation. Mince, moi qui comptais m’installer en terrasse avec une glace et un bon bouquin ! Reste l’observation des étoiles, prévue pour le soir. Annulée pour cause de ciel trop nuageux… Mais la bonne nouvelle de la journée c’est que j’ai réussi à monter ma tente toute seule et que l’hostal/camping où je dors est très sympa ! Positivons.

Dimanche me voilà partie pour Pisco del Elqui, au fin fond de la vallée. Pendant le trajet en bus, je découvre de charmants petits villages et de jolis paysages. J’arrive à Pisco del Elqui remotivée après mes déceptions de la veille. Le village est en escalier, il y a des rues qui montent vers la montagne, vers des sentiers non balisés que je n’emprunte pas car j’ai trop de choses avec moi pour me lancer dans une telle randonnée. Non, je cherche la place principale. Cette petite place charmante que l’on m’a décrite dans le guide. Je veux déguster la glace que je n’ai pas pu manger la veille, accompagnée d’un bon livre. Après deux heures à déambuler dans toutes les rues, oui, je dis bien toutes les rues, j’abandonne. Je prends le bus pour La Serena. Et l’arrêt de bus se trouve justement face à la place… Fermée au public pour travaux…

Décidément, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas !

Tente ou lit ?

Après une première nuit en tente ce weekend, je serais tentée de repondre : lit. On ne se rend compte du confort d’un lit que lorsque l’on vient de passer la nuit sous une tente. 

Le fait est que j’ai eu froid, mais pas tant que ça. Le pire je crois, a été de réaliser à une heure du matin que j’avais très envie de faire pipi mais pas du tout le courage de sortir du sac de couchage. Quel dilemme : rester au chaud et ne pas dormir ou braver le froid afin d’avoir une chance de se rendormir ? Le choix est vite fait ! C’était sans compter cependant sur les voisins de l’hostal/camping qui, à trois heures du matin, complètement ivres je pense, ont sorti le karaoké. 

Ai-je mentionné que malgré les conseils avertis d’un collègue de bureau j’avais également décidé de ne pas m’encombrer d’un tapis de sol ?  Une grave erreur (que je me suis empressée de réparer aujourd’hui) car le sol, cette bonne vieille terre, est dur et humide… Heureusement mon sac de couchage est chaud et, pour le moment, imperméable ! Mais j’ai appris une chose : que la position la plus confortable, la plus moelleuse, si je puis dire, pour dormir par terre, est sur le ventre …

Et bien-sûr, le matin, à mon réveil, je me suis aperçue que la rosée s’était invitée dans ma tente. Pas dans la « chambre » mais au niveau de ce que la notice appelle « les volets ». J’ai donc dû attendre que ma tente sèche au soleil, en l’aidant un peu armée de mouchoirs en papier !

Et avec tout ça ? Je vais retenter l’expérience ! D’abord dans le parc national du désert fleuri et puis plus tard en Patagonie, à Torres del Plaine. De cette manière, je pourrais d’autant mieux apprécier les lits des hostal parfois très… Rudimentaires !

Chemin faisant 

L’une des principales différences avec l’Équateur que j’ai pu constater, après quelques jours au Chili, réside dans la faculté des gens à vous aider. 

Ici, au Chili, si l’on vous voit dans la rue avec un sac à dos de randonnée sur le dos, on vous indiquera le terminal des bus, ou on vous demandera quel hostal vous cherchez. Le phénomène se reproduira si vous vous arrêtez plus de deux secondes dans la rue (avec ou sans sac à dos, cette fois) pour regarder le plan de la ville. Voire, parfois, si vous vous promenez simplement avec le dit plan dans les mains. Et ce que vous soyez à Santiago ou à Vicuña, petite ville dans la vallée d’Elqui.

Je sais que mon séjour au Chili ne fait que commencer, mais j’ai le sentiment que cette vérité ne changera pas. Et pour couronner le tout, les gens qui vous renseignent, savent généralement de quoi ils parlent. En Equateur, c’était plus aléatoire. Pour commencer, on ne m’a jamais arrêté dans la rue pour m’aider à trouver mon chemin. Et quand je demandais un renseignement, j’ai l’impression que mes interlocuteurs se sentaient obligés de répondre, quitte à me donner une information erronée ! Pas très pratique tout ça !

Notez que cette aide est souvent la bienvenue. Oui mon sens de l’orientation est plutôt désastreux. Mais il arrive aussi qu’on m’interpelle même quand je sais où je vais (oui, des fois ça m’arrive). Je ne sais pas, je dois avoir une tête de fille paumée… Ou ils ont pitié de moi avec mon gros sac à dos. Dernière possibilité, j’ai une bonne tête et ils sont tous simplement très gentils. 

Cela peut donner lieu à des situations cocasses, car je n’ose pas leur dire que je n’ai pas besoin de leur aide ! A Valparaìso, un homme a passé plus de 10 minutes à m’expliquer comment retourner à mon auberge alors que je savais très bien comment faire. Je voyais bien qu’il ne savais pas comment m’expliquer simplement, mon auberge étant dans une toute petite allée cachée. Cela dit, cela m’a confirmé que j’étais sur le bon chemin. Et puis, mine de rien, ça me fait travailler mon espagnol ! 

Le Capitaine qui ne voulait pas grandir

Lors de mon périple à Isla Negra, j’ai eu l’occasion de visiter la maison du Capitaine Rodrigo. J’ai dit maison ? Pardonnez-moi, le bateau.

Capitaine Rodrigo, c’est un homme, d’une petite quarantaine d’années, qui n’a pas perdu son âme d’enfant. On s’en rend bien compte lorsque l’on voit ses grands yeux marrons pétillés quand il nous explique que pour entrer dans sa maison, il faut accepter de retomber en enfance. Durant toute la visite d’ailleurs, il met toute son énergie à réveiller l’enfant qui sommeille en vous. Et croyez-moi,ce n’est pas facile.

En franchissant le seuil de sa porte, le Capitaine nous a prévenu, nous devenons, avec Lisbeth, Karen et Damien, mes compagnons de voyage du jour, ses prisonniers. Direction la cale. En haut, il crie : nous sommes ses prisonniers et nous ne sortirons pas de là vivant. Puis, à l’aide de divers instruments, il simule une tempête. En bas, nous sourions tous un peu bêtement devant le spectacle de ce doux illuminé. C’était sans compter sur sa détermination à nous faire entrer dans son monde. Il nous demande de crier, de manifester notre peur, de chercher à nous enfuir, bref, de jouer, comme quand nous avions 6 ans. 

C’est fou comme, sans s’en apercevoir, on perd cette faculté à se raconter des histoires. Je ne me suis jamais considérée comme une adulte et la tout à coup je m’aperçois que je ne sais plus jouer ! J’essaie de renter dans le monde du Capitaine, sans réellement y parvenir. Peur du ridicule peut-être, mais franchement, il n’y a pas de quoi. En plus, j’ai envie de le suivre dans son délire, car lui, il y croit, ça se voit dans ses yeux !

Tout en continuant à jouer, il nous fait chercher la sortie secrète pour nous évader de la cale, il nous arrose copieusement au passage avec son pistolet à eau (ben oui, la mer, ça mouille !). Arrivés au rez-de-chaussée de la maison, nous devons rejoindre le premier étage. Mais pas question de passer par les escaliers. Il y a des échelles et des cordes. Allez, on se bouge un peu ! 

Après quelques acrobaties, nous voici au premier. Le Capitaine nous conduit au poste de commandement, où il a installé une barre ainsi qu’un tableau de bord composé de cartons, de Lego et de tout un tas d’objets de recup’. De là, on passe, en se contortionnant à travers la fenêtre, sur le toit au centre duquel trône une grand voile!

Alors le Capitaine nous demande de pencher la tête en arrière et de regarder les nuages tout en conservant la voile dans notre champ de vision. La maison semble voguer au rythme des nuages. Plus de doute, nous sommes bien sur un bateau ! A peine le temps d’admirer le paysage (en fait le voisinage) que l’on redescend. Ah oui, j’ai oublier de vous préciser que, suite à la tempête, le bateau coule ! Il faut donc sortir, et vite. 

On repasse par la petite fenêtre et pour rejoindre le premier le rez-de-chaussée, on emprunte un toboggan. Oui, un toboggan ! Mais attention il faut descendre en s’amusant, sinon « l’horrible » Capitaine nous force à recommencer ! Je commence (seulement) vraiment à m’amuser.

La visite touche à sa fin. Nous sortons de la maison pour admirer la proue et la poupe du navire. Nous sommes alors dans l’eau, il faut donc faire semblant de nager ! On a l’air ridicule, à agiter les bras dans le vent. J’en suis consciente et en même temps, je m’en fiche. Le Capitaine a (presque) réussi à me ramener en enfance. Mais je n’ai pas le temps d’en profiter. Il est temps de partir!

Avant de se quitter, le Capitaine nous raconte l’histoire de la maison qu’il a construit, seul, avec son imagination et des matériaux de récupération. Une maison qui ne plait toutefois pas à tout le monde ! Le voisinage et la municipalité de Isla Negra ont tenté de la détruire. En effet, le capitaine n’avait pas les autorisations nécessaires pour créer cette architecture hors du commun. Alors qu’un arrête de destruction avait été émis par la commune, trois officiers de la marine sont venus visiter la maison. Impressionnés, par le lieu et les connaissances maritimes du Capitaine, ils ont obtenu de leur hiérarchie, que l’habitation soit  immatriculée auprès de la capitainerie de San Antonio, le port dont dépend Isla Negra. La maison du Capitaine est alors officiellement devenue un bateau !

En outre, pour assurer la sécurité des éventuels visiteurs, les représentants de la marine ont fait don au Capitaine de plusieurs centaines de longueurs de cordes et de poulies. Nous avons ainsi pu visiter un bateau imaginaire et, pour quelques dizaines de minutes, retomber en enfance.

Un mois

Ce mercredi 30 septembre, j’ai célébré mon premier mois de voyage en solitaire. Oui c’était il y a un mois déjà, ou devrais-je dire seulement, que je laissais Johan à l’aéroport de Guayaquil pour voguer vers de nouvelles aventures, en solo. 

Pour tout vous dire, cet « anniversaire » marque un tournant dans mon voyage. Je m’étais donné un mois pour voir si j’arrivais à voyager seule, à supporter la distance. Faute de quoi je rentrais. Après tout, je fais ce voyage pour moi, c’est mon rêve et je n’ai rien à prouver à personne. Si j’ai vu trop grand, ce est pas grave, j’assume et je rentre.

Le fait est que je ne vais pas rentrer. Parce qu’en un mois, j’ai vu que même si c’est dur, je peux le faire. Et surtout, je crois, je veux continuer. J’ai vu tellement de paysages, appris tellement de choses et rencontré tellement de gens que je me dis que ça vaut la peine d’aller, au moins, jusqu’au deuxieme mois ! Le meilleur reste à venir.

Bien-sûr je suis souvent seule, mais finalement ça ne me gêne pas plus que cela. Je sais que si ca devient trop pesant, je n’ai qu’à aller vers les gens. C’est un conseil tout simple qu’une amie m’a donné mais qui est, jusqu’à présent le plus précieux que j’ai reçu !

Finalement, le plus dur pour moi est d’accepter de ne pas me projeter. D’une ville à l’autre, d’un point de chute à l’autre, je ne sais jamais ce que je vais trouver, ni si je vais pouvoir faire les excursions que je veux, si c’est suffisamment sûre pour qu’une personne puisse s’y rendre en solo… Cela crée une incertitude à laquelle je ne suis pas encore habituée. Et en même temps, c’est ce qui fait tout le sel de ce voyage. Si la météo m’empêche de faire une balade le lundi, je la ferai le mardi. Si on me déconseille de partir seule, je fais une excursion avec un guide, j’essaie de trouver quelqu’un à l’auberge pour m’accompagner, ou je fais tout simplement autre chose. Il y a tellement de choses à voir ! Et si je veux changer d’itinéraire à la dernière minute, qui m’en empêche ? Je fais ce que je veux. Enfin pas totalement car je n’ai pas encore complètement conscience de cette nouvelle liberté.

Ou peut-être que si. C’est peut-être pour ça que je ne rentre pas, même si le mal du pays ne me quitte pas. J’ai peut-être justement conscience que tout va bien, que je jusqu’à présent j’ai réussi à faire tout ce que je voulais et que le moment où ce ne sera plus le cas, j’ai la liberté de rentrer. 

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑