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Histoires d'un tour du monde

Mon voyage en solo

Mois

septembre 2015

Sur les traces de Pablo Neruda

Prix Nobel de littérature en 1971, Pablo Neruda est probablement le poète (ecrivain, homme politique et diplomate, proche de Salvador Allende) le plus connu du Chili. Il possédait une maison à Santiago (la Chascona), une à Valparaìso (la Sebastiana) et enfin, une à Isla Negra, petit village à 90 km de Valpo.

Des trois, je n’en ai visité qu’une, la dernière, la plus belle et la préférée de l’écrivain. Tout comme La Sebastiana, Isla Negra a été pensée de telle façon que chaque fenêtre possède une vue imprenable sur la mer, traduisant ainsi l’amour du poète pour la mer. Lui-même se définissait comme un amoureux de la mer « qui préfère avoir les pieds sur terre ». D’ailleurs, ses restes ont été rapatriés à Isla Negra en 1992, pour qu’il repose, conformément à sa volonté, face à la mer.

En visitant Isla Negra, j’ai eu l’impression que Pablo Neruda était un enfant qui ne voulait surtout pas grandir. C’était aussi un collectionneur : bouteille, verre, figures de proue de bateau,  (oui, oui, vous avez bien lu), papillons, scarabées, masques, pipes, coquillages… Je ne sais pas qui faisait le ménage chez, mais ça devait être rock’n roll !

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Valparaiso, Valpo pour les intimes

Même si personne ne connaît la date exacte de la fondation de ce port chilien, c’est au XVIème siècle que Juan de Saavedra, navigateur espagnol, le baptise du nom de son village d’origine en Andalousie : Valparaìso.

Longtemps appelé puerto de Santiago, Valparaìso est le port principal du continent sud américain au XIXème siècle. Il constitue un point de passage obligé pour tout bateau venant d’Europe qui souhaite se rendre en Californie (oui c’est la ruée vers l’or !), après le délicat passage du détroit de Magellan. Mais avec l’ouverture du canal de Panama, Valparaìso perd tout son attrait au profit de San Antonio qui devient le port le plus important du pays.

Néanmoins, la ville possède d’autres atouts, à commencer par un patrimoine culturel, architectural et artistique tel qu’il lui a valu d’être inscrit (du moins le quartier du port et les principales cerros historiques) au Patrimoine mondial de l’Unesco en 2003.

Le principal intérêt de la ville sont ses cerros aux maisons colorées offrant des points de vue magnifiques sur la baie. Principalement construite à partir d’adobe (une sorte de torchis), les maisons sont recouvertes de tolle, généralement de la recup’ provenant des vieux containers du port, pour les protéger de l’humidité. Et pour prémunir la tolle de l’oxydation causée par le sel et l’humidité celle-ci est peinte.

Évoquer les couleurs de Valparaìso, c’est aussi parler du street art ! Ce mouvement a pris son essor dans les années 90 et colonisé la ville de manière totalement illégale. Il est néanmoins toléré pour ne pas dire complément intégré au patrimoine de la ville et mis en valeur comme en témoigne l’atypique musée à ciel ouvert!

Se promener dans la ville est un réel plaisir, même pas gâché par la petite délinquance qui sévit (surtout) dans le port, (principalement) la nuit. Toutes ces couleurs, la vue sur la mer, les escaliers, les passages cachés, les rues qui mènent, sans le dire, d’un cerros à un autre font de Valparaiso une ville mystérieuse et envoûtante. Bien sûr la balade est plus sympa avec un rayon de soleil mais même lorsque la brume s’en mêle, qu’elle cache la mer, elle ne parvient pas à ternir l’éclat de la ville et de ses fresques murales.

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Mi casa es su casa (ou vice versa)

Parce qu’il faut bien un peu d’autodérision et que franchement ce blog est aussi fait pour ça, laissez-moi vous raconter mon arrivée à Valparaiso.

Valparaiso est une ville, un port, sur la côte ouest chilienne célèbre pour ses cerros, ses collines (et surtout ses maisons colorées sans oublier le street art, mais la l’important, ce sont les collines).

En descendant du bus au terminal, je décide de rejoindre mon hôtel à pied. J’ai environ 20 kilos de bagages sur les épaules, mais qu’importe, je n’ai pas peur. J’ai repéré où se trouvait mon hostal, j’en ai pour 30 minutes de marche tout au plus.

Je me mets en route, je me perds un peu (oui il y a deux avenues Brazil, une pour le pays et l’autre pour un illustre inconnu dont le nom de famille est Brazil, bref). J’arrive finalement dans la bonne rue… Qui monte. Tout en me maudissant, j’entame la montée jusqu’à l’auberge qui s’est avérée ne pas être la bonne auberge !

J’avais hésité entre deux établissements, Casa Aventura et Casa Verde, et bien évidemment, j’avais réservé dans la première et gardé la seconde en tête… J’ai bien fait rire le réceptionniste qui, chou comme tout, m’a indiqué comment rejoindre le bon hostal. Il se trouvait un peu plus haut. Mais avec tous mes bagages, pas question d’emprutner les escaliers. J’ai pris l’un des mythiques (allez n’ayons pas peur des mots !) ascenseurs de la ville et j’ai pu découvrir au passage un magnifique point de vue sur le port et la ville. Tout est bien qui finit bien.

Tomar las once à Valparaiso

La première fois que j’ai entendu cette expression, j’étais à Santiago, j’écoutais sagement ce que le guide racontait. Mais j’avoue que je ne comprenais pas tout. Il nous expliquait que les chiliens buvaient beaucoup de thé et tout à coup, il parlait d’une tradition chilienne remontant au XIXème siècle, dans les mines…

Remettons un peu les choses dans l’ordre. L’expression « tomar las once » qui signifie littéralement « prendre les 11 » trouve son origine au XIXème siècle, lorsque les mineurs avaient terminé leur tour et qu’ils allaient prendre un remontant qui, croyez-moi n’avait rien à voir avec le thé… Ou alors un thé disons un peu arrangé. Le nom de cet alcool comptait onze lettres, et pour éviter de le mentionner tout haut (devant leur femme? Devant leur chef?), ils disaient qu’ils allaient « tomar las once ».

Cette expression est restée dans le langage populaire, mais signifie aujourd’hui prendre le goûter. Un peu comme notre quatre heures. Il s’agit d’une institution au Chili. Le guide nous a expliqué (oui je comprends quand même certaines choses) que cette collation fait très souvent office de repas du soir pour les Chiliens. Et il est désormais bien question de thé et non d’alcool !

A Valparaiso, j’ai eu l’occasion de « tomar las once » le jour de mon arrivée, à savoir hier, le 28 septembre. Et j’ai compris pourquoi le goûter pouvait faire office de dîner. Le thé chilien n’a rien à voir avec le thé anglais et ses petits canapés au concombre !

Non, quand vous prenez « las once », vous commencez par un sandwich (poulet et avocat dans mon cas) accompagné d’un grand verre de jus de fruit (mangue, pour moi s’il vous plait).

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Ensuite, oui, oui, vous avez bien lu, ensuite, on vous propose une douceur accompagné du thé de votre choix. J’ai opté pour une torte (héritage de l’émigration germanique au Chili) au chocolat et un thé noir classique.

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Inutile de vous dire que ce « petit » encas, avec vue sur le port de Valparaiso, m’a calée pour le reste de la journée !!!

Une messe itinérante

Dimanche 27 septembre, 16 heures, Plaza de Armas. Des milliers de Chiliens se sont réunis pour la procession de la Vierge del Carmen.

Des estrades ont été dressées devant la cathédrale pour permettre au prêtre, à moins que ce ne soit un évêque, de célèbrer la messe pendant que la Vierge, reina del Chile, installée sur un char fleuri tiré par deux hommes, fait le tour du pâté de maison.

Sur le côté, hommes et femmes, enfants et vieillards, agitent des drapeaux au passage du cortège. D’autres ont fait le choix de suivre la vierge. Emmenés par l’évêque (ou le prêtre), tous récitent des prières et en chantent la gloire de la vierge, reine et mère de ma vie et de la famille.

San Cristobal et Santa Lucia

Ce sont les noms des deux cerros (collines) principales de Santiago. Grimpettes et beaux panoramas en perspective !

Santa Lucia a été baptisée ainsi par Pedro de Validivia lorsqu’il y établit son campement le jour… De la sainte Lucie.

San Cristobal abrite l’un des plus grands parcs métropolitains du monde. Il fait plus de deux fois central parc ! Rien que ça. Pour y accéder on peut emprunter un téléférique à chacune des entrées, même si certains sont en rénovation suite au tremblement de terre de 2010. On peut aussi prendre sa voiture, ou pour les plus sportifs : ses pieds ou son vélo. Pour info, le parc culmine à 880 mètres d’altitude, soit 320 mètres de dénivelés depuis le centre. Dimanche, il faisait malheureusement gris, mais on voyait quand même la ville s’étendre à nos pied. Magique.

L’art précolombien

Quoi de mieux, pour occuper un dimanche gris, que d’aller au musée ? Petit, tout petit, aperçu de la magnifique collection privée du musée d’art précolombien.

Un tour à Santiago

Petit aperçu de la ville en images…

Une société, deux dessins

A la sortie de la station de métro Bellas Artes, deux petites poupées péruviennes appelées « Quitapenas » ont été peintes par le street artiste chilien Inti, l’année dernière, lors du festival de street art du quartier de Bellavista.

Ces petites poupées sont couvertes de symboles représentant la société chilienne actuelle. Juste pour rappel, parce que tout le monde ne le sait peut-être pas, ces poupées possèdent, selon la croyance populaire, le pouvoir de faire disparaître les soucis de leur propriétaire…

Sur la version masculine on trouve : la représentation des fondements de l’économie chilienne d’aujourd’hui (le cuivre, le vin et l’agriculture incarnée par le maïs). Le maïs noir et la flûte de pan pourrait indiquer la présence (et l’influence) de plus importante de la communauté péruvienne au sein du pays. Le livre aux pages blanches représenterait les difficultés d’accès à l’éducation des classes les plus modestes. D’ailleurs, le foulard sur la bouche de la poupée pourrait symboliser le mouvement étudiant. En effet, régulièrement les manifestations estudiantines et leurs débordements sont canalisés par la police à coup de gaz lacrymogène, dont les jeunes se protègent au moyen de foulards.

Sur la version féminine, on trouve : dans son dos, les enfants dont elle doit s’occuper tout en travaillant (le manche de la pelle à droite de sa tête). D’après le guide, la ceinture de balles qui entoure son ventre pourrait symboliser les combats qu’elle doit (encore) mener pour faire reconnaître ses droits et asseoir sa place dans la société chilienne.

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